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5 024 Décès, Soit en Moyenne 2 Décès par Jour Causés par des Accidents 10 Dernières Années

Depuis 2008, les routes tuent en moyenne 2 personnes par jour. Pour faire face à cette tragédie, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique préconise un certain nombre de solutions.

A l’instar de la Communauté internationale, le Sénégal a célébré, hier à Guédiawaye, la Journée mondiale de la Protection civile. Une occasion de méditer et de réfléchir sur la tragédie routière avec son lot de morts. D’ailleurs, il s’avère que le phénomène est mondial. Le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, citant les conclusions de l’étude commanditée l’année dernière par la Banque mondiale, à travers le Rapport intitulé : ‘’Indestructible : Renforcer la résilience des plus pauvres face aux catastrophes naturelles’’, révèle que les catastrophes naturelles ont entraîné les conséquences suivantes : 22 773 personnes ont perdu la vie ; 98,6 millions de personnes affectées et 46 000 milliards de F CFA en pertes économiques.
Le Sénégal n’est pas en reste. Le rapport sur les activités menées l’année dernière par les services de l’Etat et les commissions régionales et auxiliaires de Protection civile renseigne que la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers (BNSP) a effectué 36 386 sorties, essentiellement pour causes d’accidents de la route, incendies, noyades, effondrements de bâtiments et accidents dus à la foudre. Le bilan des accidents de la route enregistrés en 2017, fait par la BNSP, révèle 635 décès et 26 031 blessés constatés lors de 16 156 interventions. En 2016, le nombre de décès était de 651 pour 31 352 blessés recensés lors de 15 772 sorties des Sapeurs-pompiers.
‘’Ces chiffres, comme vous en conviendrez avec moi, sont expressifs et révélateurs de la responsabilité partagée de cette situation qui doit être diagnostiquée et solutionnée suivant une grille de lecture objective. D’ailleurs, sur les 10 dernières années, 106 034 interventions ont été effectuées par la Brigade qui, à l’arrivée, a enregistré 184 842 blessés et 5 024 décès, soit en moyenne, depuis 2008, près de 2 décès par jour’’, a dit le ministre. Il rappelle que cette journée mondiale a pour objectif principal de rappeler, tout en invitant chacun à adopter les attitudes et comportements qui conviennent, l’importance de la Protection civile dans le dispositif global de protection des personnes contre les accidents et catastrophes de toute nature.
Durant ces dernières décennies, poursuit le ministre, des fléaux comme les inondations, les tremblements de terre, les sécheresses, l’avancée de la mer et son corollaire que constitue l’érosion côtière, ont engendré d’importantes pertes humaines et des dégradations de l’environnement.

Baisse de la mortalité due à la foudre

Aly Ngouille Ndiaye s’est également penché sur les autres causes d’accidents enregistrés ces deux dernières années. Il y a les incendies avec 46 cas de décès dus en partie à celui survenu au Daaka de Médina Gounass (22 morts) ; il y a également eu des accidents de baignade (304 cas de décès). Les effondrements et chutes de bâtiments ont entraîné la perte de 36 vies humaines. Enfin, concernant les méfaits de la foudre, la tendance est plutôt à la baisse, puisque 7 cas ont été notés contre 20 en 2016.
En matière de Protection civile, le ministre de l’Intérieur est d’avis que les responsabilités sont partagées. ‘’A l’évidence, l’Etat a la responsabilité principale de créer un cadre juridique, institutionnel et opérationnel de prévention, réduction, gestion et réponse contre les catastrophes, accidents et sinistres. Cette approche, qui se veut systémique, doit l’amener à faire exécuter les dispositions législatives et réglementaires en la matière. Quant aux populations, cibles bénéficiaires de toutes initiatives visant à renforcer leur sécurité, il leur incombe davantage d’adopter et mettre en œuvre les meilleurs attitudes et comportements d’un véritable Système national de Protection civile’’, lance-t-il. Le Gouvernement, poursuit M. Ndiaye, a pris la bonne mesure de la situation qui, à certains égards, suscite une inquiétude légitime. ‘’Aussi, continuera-t-il à améliorer le dispositif existant’’, annonce le ministre.
Création d’un Centre national de gestion des crises
Le concernant, le ministre de l’Intérieur se dit engagé à poursuivre les efforts déjà entamés par ses prédécesseurs. Dans cette dynamique, le dispositif organisationnel et fonctionnel pourrait être enrichi d’une structure dont le statut juridique devrait lui permettre de mieux exercer les missions assignées à ce domaine névralgique de l’action publique. ‘’Précisément, il s’agira, à partir de cette épine dorsale de la réforme, de mettre l’accent, suivant un échéancier réaliste, sur trois axes au moins. Le premier consiste à réviser, en ayant comme objectif de le codifier, le cadre juridique. Conformément à la logique de gestion des risques, basée sur la réponse à apporter aux changements climatiques, le second sera de créer un Centre national de gestion des crises doté d’un système d’alerte précoce multirisque et d’une cartographie des risques’’, annonce-t-il.
Le troisième tient sa pertinence du besoin prégnant en formation, en érigeant un établissement de formation destiné à renforcer les capacités des acteurs, notamment non professionnels de la Protection civile. Mais aussi, à travers un programme qui s’inscrit dans la Lettre de Politique de la ‘’Gouvernance et Sécurité intérieures au Sénégal’’. ‘’Parmi ces initiatives, certaines concernent l’exécution des dispositions des différents textes régissant par exemple la circulation routière et la sécurité incendie dans les établissements recevant du public. Au plan infrastructurel, matériel et logistique, la construction de casernes de Sapeurs-pompiers et centres de secours ainsi que l’acquisition d’ambulances médicalisées et autres matériels d’urgence et de secours seront inscrites en priorité. Au plan logistique, sera poursuivi le programme d’acquisition et d’installation de paratonnerres dans les régions, projet accompagné d’une campagne nationale de sensibilisation prenant également en compte, les autres risques de catastrophes et d’accidents domestiques’’, liste-t-il.
Pour lui, les acquis seront consolidés, en ce qui concerne le Projet de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, instrument financier créé par l’Union Africaine, avec le paiement de la prime destinée, en cas de nécessité, à soulager les populations et le bétail impactés par la sécheresse. Et que le chantier, auquel indubitablement une solution durable doit être trouvée, est vaste, complexe et ardu. ‘’Cependant, je demeure également convaincu que la voie du salut se trouve dans l’organisation et la méthode. Ce mode de management, s’il est mis en œuvre, devrait valoir au bout du compte des satisfactions légitimes. J’en appelle donc à l’engagement et au sursaut de toute la nation sénégalaise, ainsi qu’au sens du devoir des services techniques de l’Etat et des autres acteurs de la Protection civile’’, a lancé le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

Auteur: Cheikh THIAM - EnquetePlus

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