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Des déplacés de Boko Haram sans abri pendant la saison des pluies (Nigeria)

Des femmes et enfants qui ont fui les combats entre Boko Haram et l'armée nigériane, attendent une distribution de nourriture au camp de Dikwa, le 2 février 2016 | AFP/Archives

Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont dû quitter leur foyer face aux combats entre le groupe islamiste Boko Haram et l'armée nigériane se retrouvent sans abri dans le nord-est du Nigeria, a rapporté mardi une ONG, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

Selon le NRC, plus de 4.000 personnes dorment dans les rues de Dikwa, dans l'Etat du Borno, alors que de fortes pluies s'abattent actuellement sur la région.
Le directeur du NRC pour le Nigeria, Cheick Ba, s'est dit "extrêmement inquiet" de leur sort: "Les enfants dorment dehors et n'ont rien au-dessus de leur tête. Il y a des risques importants de paludisme, de typhoïde et de diarrhée", écrit-il dans un communiqué.
Les autorités nigérianes, qui affirment que le groupe jihadiste est vaincu, tentent d'encourager les déplacés (toujours plus de 1,7 million de personnes dans le Nord-Est, selon l'ONU) à rentrer chez eux.
Mais pour les humanitaires qui travaillent dans la région, les villes et les villages en dehors de la zone protégée de Maiduguri, la capitale du Borno, ne sont pas encore prêts à recevoir un tel afflux de personnes et la sécurité n'est toujours pas garantie.
Beaucoup de gens qui sont rentrés chez eux retournent régulièrement dans les camps ou les villes plus protégées et aidées par les ONG mais où il manque également des services de bases.
Les combats et les mouvements de population qu'ils entraînent sont constants. En mai dernier, 21.207 personnes se sont réfugiées dans cinq villes du Borno, dont celle de Dikwa, et les Nations unies attendent 115.000 autres déplacés dans les mois prochains.
A leur arrivée dans les villes, les déplacés sont gardés par les services de sécurité, censés vérifier qu'ils ne sont pas affiliés au groupe jihadiste.
Mais ces opérations se déroulent dans le plus grand chaos et à Dikwa, plus de 600 personnes attendent toujours, dormant dans une ancienne station essence, selon l'ONG norvégienne. Des milliers d'autres déplacés occupent déjà des camps ou les écoles de la ville.
Contactée par l'AFP, l'armée nigériane n'a pas souhaité donner suite mais un responsable de la localité de Dikwa a confirmé que la situation des déplacés est "désespérée", sous couvert d'anonymat.
"Ils ont besoin d'aide, c'est urgent, ou ils devront continuer à dormir dehors pour tout le temps de la saison des pluies", a-t-il confié.
"Il y a beaucoup d'enfants parmi eux, et ils sont particulièrement vulnérables aux maladies, au froid et risquent d'attraper la pneumonie ou d'autres infections", explique ce représentant des autorités locales.

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