Le Centre de rencontres et d'échanges internationaux du Pacifique pour dynamiser la langue française en Nouvelle-Calédonie

À deux pas de l'université, les étrangers viennent apprendre le français dans un endroit un peu spécial. Le Centre de rencontres et d'échanges internationaux du Pacifique a pris place dans l'ancien bagne de Nouville, un autre héritage de la colonisation. Depuis l'adhésion de la Nouvelle-Calédonie en tant que membre associé de l'OIF en novembre 2016, ce centre prend à cœur la nouvelle mission que lui ont confié le président du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, Philippe Germain, et le membre du gouvernement chargé de la Francophonie, Bernard Deladrière : dynamiser la langue française.

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«Notre président l'a bien exprimé : la francophonie, c'est une ouverture, ça donne un autre visage à la mondialisation, estime Valérie Meunier, dynamique présidente de l'institution. Avec l'anglais relativement dominant, et donc la culture anglo-saxonne qui va avec, le français a tendance à perdre du terrain. »

De fait, l'aire francophone du Pacifique a beau être vaste, elle ne compte que 600 000 locuteurs sur les 300 millions recensés, et la Calédonie est le deuxième territoire francophone de la région, avec 203 000 locuteurs (sur 254 000 habitants), selon les chiffres de l'OIF de 2010. Il se classe après les différents archipels de la Polynésie (217 000 locuteurs), et avant le Vanuatu (110 000) et Wallis-et-Futuna (15 000) .

Le français, une langue officielle de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie

Dans le contexte du référendum, elle ne craint pas de l'affirmer : « La langue est éminemment politique, il ne faut pas le nier. Aujourd'hui, ce n'est plus la langue du colon, c'est la langue du partage pour les Calédoniens », analyse Valérie Meunier avant de revenir à son leitmotiv :

Entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie, la Nouvelle-Calédonie est entourée de puissances anglophones ! Il faut que nous soyons le fer de lance de la francophonie dans la région Asie-Pacifique. C'est encore plus fort maintenant qu'avec le Vanuatu, nous sommes deux représentants de la région à l'OIF. Valérie Meunier, présidente du Centre de rencontres et d'échanges internationaux du Pacifique
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« Fer de lance » est aussi le nom que s'est choisi un groupe politique du Pacifique, qui rassemble des peuples autochtones de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Fidji, du Vanuatu ou encore des îles Salomon.

https://www.youtube.com/watch?v=QmWhy4qtXmg

Le groupe « Fer de lance mélanésien », qui entre autres actions politiques a choisi de soutenir le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), front indépendantiste de Nouvelle-Calédonie.

« La langue officielle du Fer de lance mélanésien est d'ailleurs le français », fait remarquer Mickaël Forrest, membre de la cellule des relations extérieures du FLNKS.

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Le programme du front en vue du référendum - qui dessine les contours politiques de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie (le nom choisi par les indépendantistes pour un état souverain) – a été lui aussi écrit dans la langue de Molière.

Cette semaine, une section locale de l'Assemblée parlementaire de la francophonie a été créée par quinze conseillers du Congrès de Nouvelle-Calédonie. Parmi eux figurent cinq conseillers indépendantistes.

Quelle que soit la réponse au référendum, le 4 novembre, ce nouvel engagement laisse donc présager de l'importance du français pour le futur de la Nouvelle-Calédonie.

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